10 nouvelles raisons d’état d’indexer nos œuvres avec des métadonnées

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Jean-Robert Bisaillon 20190101 – En 2019, le Ministère de la culture du Québec consentira de nouveaux efforts et budgets à mesurer la visibilité et stimuler le rayonnement des œuvres québécoises sur Internet. Il est possible de consulter le cadre de référence de ces mesures sur le site du Plan culturel numérique du Québec http://culturenumerique.mcc.gouv.qc.ca/pole-visibilite-et-rayonnement/

Faire cela est important, mais aussi très complexe. Nos décideurs publics en comprennent-ils toute la portée? Assumons que oui. Enfin.

En 2016, j’avais publié un article qui évoquait 6 Raisons d’état qui justifiaient d’indexer un enregistrement sonore avec des métadonnées http://metad.media/fr/6-raisons-detat-dindexer-les-metadonnees-dun-enregistrement-sonore

En ce jour de lancement de médiumsaignant, j’ai décidé de revoir ces 6 motifs pour les porter à 10 et pour en faire ma résolution de 2019. Un tel chantier reflète on ne peut mieux l’importance de travailler collectivement, premier élément de la ligne éditoriale de médiumsaignant.media

Les 10 raisons d’état sont les suivantes :

  1. Attribuer les crédits aux artistes, ayants droits et contributeurs
  2. Lier artistes, ayants droits et contributeurs à des identifiants uniques
  3. Inclure un code géographique ou territorial
  4. Adopter les standards mondiaux DDEX
  5. Siéger sur les tables trans-nationales de définition des normes
  6. Tracer avec précision les usages des contenus
  7. Arrimer avec robustesse les fichiers binaires audio ou vidéo avec leurs métadonnées
  8. Développer un référentiel commun et exposer les œuvres et leur documentation sur les réseaux ouverts et liés
  9. Améliorer et mesurer la visibilité, le rayonnement, la découvrabilité des contenus
  10. Surveiller le respect de seuils en matière d’offre minimale
Board Bullseye – Crédit photo : Christian Gidlöf (Domaine public)

1. Attribuer les crédits aux ayants droits et contributeurs : une œuvre musicale enregistrée et numérisée est un code binaire orphelin qui ne dévoile rien de sa source et des ayants droits concernés si ces informations ne sont pas ajoutées aux fichiers audio ou ne sont pas liés aux bases de données corollaires. La compilation statistique des usages et la reddition de compte sont par conséquent faussées ou incomplètes.

Sont visés les auteurs, compositeurs, éditeurs originaux, interprètes et musiciens, producteurs initiaux, réalisateurs, studios d’enregistrement, etc.. Les politiques publiques de soutien à la production de contenus doivent inciter les bénéficiaires de mesures financières à incorporer les noms des ayants droits, contributeurs, ententes de répartition (Embedded Metadata – Blockchain), dans les conteneurs textuels des objets de propriété intellectuelle numérisés. Voir aussi la raison 7.

25% des contenus exploités par les plateformes de musique en-ligne ne sont pas arrimés aux ayants droits concernés…1

2. Toute œuvre de propriété intellectuelle ou contributeur à celle-ci doit être lié à un identifiant unique.

Les codes ISRC, ISWC, IPI, ISTC, IPN, ISAN, EIDR, DOI, ISNI sont des codes ISO ou industriels qui permettent aux machines et procédés informatiques de tracer les contenus et de discerner les homonymes (disambiguation).

Un identifiant approprié pour chacune des composantes du contenu est ce qui permet aux ordinateurs d’associer un enregistrement à l’oeuvre qu’il contient, aux paroles de cette chanson et aux contributeurs qui en sont les artisans et ayants droit, de renseigner numériquement l’intégrité de cette chaîne de valeur.

3. Les métadonnées doivent inclure un code géographique ou territorial pour tout objet de propriété intellectuelle ou contributeur de l’œuvre. C’est là la seule méthode qui permette la classification de l’origine des pays ou territoires de création et de production des contenus. L’usage des identifiants ISO3166-1, ISO3166-2, UN-LOCODE, GeoNames ou .kml (Keyhole Markup Language) sont nécessaires pour cela.

4. Les entreprises de production, de distribution et les usagers commerciaux d’œuvres numériques doivent adopter les standards mondiaux DDEX d’échange de données informatisé (EDI) (DDEX Message Suite Standards) qui incorporent les métadonnées : RIN (Recording Information Notification), ERN (Electronic Release Notification), MLC (Music Licensing Companies), DSR (Digital Sales Reporting).

5. Lorsque nécessaire ou possible, les associations et entreprises canadiennes, les instances chargées de définir nos politiques publiques doivent siéger sur les tables trans-nationales de définition des normes et standards du numérique (UNESCO, CISAC, ISO, DDEX, ACEI-ICANN, NCUC, ISOC, ISNI, W3C-RDF, IETF).

6. Permettre de circonscrire le quoi, qui, où et comment des contenus québécois et MAPL. Il faut savoir tracer avec précision les usages des contenus. Si les outils techniques pourront sous peu nous permettre de compiler plus systématiquement les usages, un effort politique sera nécessaire pour accroitre la portée du dépôt légal dans les bibliothèques nationales, effectuer un recensement annuel rigoureux des produits mis à disposition des publics et certifier le territoire de production ou de fixation des œuvres.

7. Que l’on croit ou pas en la pertinence et à notre capacité d’arrimer avec robustesse les fichiers binaires audio ou vidéo avec leurs métadonnées, c’est là un geste vertueux qui sous-tend une grande partie des efforts de documentation de la culture en ligne. Des efforts en matière de tatouage et de chiffrement des contenus ont cours et leur succès sera déterminant.

8. Pour tirer profit des progrès de l’intelligence artificielle, assurer la présence et le remontée de nos contenus culturels dans le web des données et les recherches vocales assistées, nous devons développer un référentiel commun et exposer les œuvres et leur documentation sur les réseaux ouverts et liés. Ce chantier permettra de plus de valoriser l’information saisie par la foule, par nos pairs et divers écosystèmes ouvertes existants.

9. Rétablir la relation entre les créateurs et les usagers, améliorer et apprendre à mesurer la découvrabilité des contenus dans l’offre numérique via les outils de playlisting et de recommandation. Utiliser des contenus enrichis et renouer avec les informations descriptives perdues lors du passage au numérique. Créer des listes d’écoute et des contenus éditoriaux, partager ceux-ci.

10. Sans prétendre que les nouvelles pratiques de mise à disposition et d’écoute, la numérimorphose, la musimorphose, menacent notre souveraineté et la diversité culturelle, il faut que les organismes canadiens d’application de la réglementation puissent surveiller le respect de seuils en matière d’offre minimale. Et tant mieux si les pratiques citoyennes et les robots de recommandation s’avèrent soutenir une fréquentation pérenne de notre culture!

Pour en lire davantage :

http://www.scoop.it/t/metadonnees-musicales-un-enjeu-de-diversite-culturelle

https://twitter.com/hashtag/musicmetadata

1http://www.nytimes.com/2016/03/18/business/media/spotify-reaches-settlement-with-publishers-in-licensing-dispute.html?_r=0

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